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  • Des foils en Y escamotables et réglables en trois dimensions

    Inspirés des appendices des monocoques volants de l'America's Cup. ces foils en Y dotés d'une aile de plus de 5 mètres d'envergure, ont été pensés pour générer une forte sustentation, gagner en puissance et autoriser de nombreux règlages pour optimiser le vol à toutes les allures et dans toutes les conditions. Outre leur "carrure" impressionante, ces foils présentent de nombreuses spécificités inédites.

    Des safrans en U révolutionnaires

    C'est probablement la partie la plus spectaculaire -au sens démonstratif- des innovations réalisées sur le nouveau Maxi Edmond de Rothschild. Pour pouvoir voler haut dans la mer formée en évitant les sorties de route, le souhait était de concevoir des safrans très longs qui restent au contact de l'eau. Problème : plus les safrans sont longs, plus ils ont tendance à se déformer sous la pression, dégradant fortement la conduite ainsi que l'efficacité de leur plan porteur. Il fallait donc inventer une nouvelle géométrie pour donner à ces appendices une raideur maximale, résister à la cavitation et finalement, mieux contrôler le bateau, mieux exploiter sa puissance. C'est ainsi que sont nés ces safrans en U de plus de 4 mètres de long (soit un mètre de plus que ceux de Gitana 17). Leur forme qui évoque un trépied ou un π inversé n'est que la partie visible de leur caractère très spécial.

    Une dérive optimisée pour stabiliser le bateau et limiter la cavitation

    De grande envergure, la dérive se présente comme un empennage d'avion avec deux volets réglables, l'un sur la partie verticale et l'autre sur la partie horizontale, la fameuse "aile de raie". La nouveauté sur Gitana 18 est le positionnement de cette aile de raie à l'arrière de la partie verticale de l'appendice (et non plus à l'aplomb), afin de réduire au maximum les perturbations de flux et les problèmes de cavitation.

    Gréement : des barres de flèche pour réguler la puissance de la grand-voile en navigation

    Le mât de Gitana 18 est 1.50 mètres plus haut que celui de son prédécesseur. La bôme est aussi plus courte, pour un plan de voilure finalement plus élancé. Mais la grande originalité est la présence de barres de fléche réglables en dynamique, permettant de cintrer l'espar (littéralement le plier d'avant en arrière). Ces barres de flèche actionnées par des verins peuvent s'orienter de 35 degrès et générer du creux au millieu du mât. La raison de ce système inédit : offrir la possibilité de réguler la puissance de la grand-voile, soit la creuser dans les petits airs pour pouvoir décoller plus vite, ou l'aplatir pour libérer de la puissance dès que le bateau navigue à haute vitesse et/ou que le vent est fort. Le fait de pouvoir jouer sur le creux, et donc la puissance de la grand-voile, peut aussi constituer un gain de temps et d'énergie pour le marin solitaire : retarder ou annuler une prise de risque ou un changement de voile d'avant par exemple.

    Coque centrale:
    un roof intégré et structurel

    Le souhait des architectes et du design team de Gitana était de concevoir une plateforme extrêmement raide et solide structurellement. Qu'il s'agisse des flotteurs qui doivent pouvoir encaisser de lourdes contraintes sous l'action des foils et des safrans, ou de la coque centrale, qui a tendance à entrer en torsion. Le roof fermé est non seulement intégré à la coque, mais il participe aussi à sa structure. A l'intérieur, l'ergonomie du cockpit où sont centralisées les manoeuvres, est le résultat de nombreuses heures de réfléxion et de travail. Le roof est par ailleurs remarquable par la quantité et la taille de ses hublots. Cette configuration répond aux règles de visibilité de la jauge Ultim et offre aux marins la possibilité d'assurer une veille visuelle optimum.

    06.11.2019

    Golfe express et alizés portugais.

    Hier à 11h aux abords de la Chaussée de Sein, il n’y avait pas beaucoup de bateaux à s’être aventurés dehors. Un puissant flux de Nord Nord-Ouest d’une trentaine de nœuds balayait en effet le plan d’eau et levait une mer mal pavée digne de celles des latitudes du Grand Sud.

    par gitana_admin

    Golfe express et alizés portugais

    Hier à 11h aux abords de la Chaussée de Sein, il n’y avait pas beaucoup de bateaux à s’être aventurés dehors. Un puissant flux de Nord Nord-Ouest d’une trentaine de nœuds balayait en effet le plan d’eau et levait une mer mal pavée digne de celles des latitudes du Grand Sud. C’est dans ces conditions viriles et relativement inédites pour un départ de course que le Maxi Edmond de Rothschild et ses trois concurrents se sont pourtant élancés sur la 1ère édition de la Brest Atlantiques. Après une dizaine d’heures tendues, à faire le dos rond dans un golfe de Gascogne peu hospitalier, les géants de 32 mètres ont pu profiter de conditions plus maniables à l’approche du Cap Finisterre. Ce matin, la tête de flotte animée par Macif et Gitana 17 glissait toujours tribord amure à plus de 30 nœuds et pointait déjà ses étraves à la latitude de Lisbonne ! Avec 740 milles parcourus en 24h, à la vitesse moyenne de 30,8 nœuds, autant dire que cette grande boucle atlantique est partie sur un rythme élevé.

     

    Prudence et maîtrise

    « L’idée était d’être dans un mode suiveur sur les premières heures de course. On sait que l’on peut aller très vite dans ces conditions avec le Maxi Edmond de Rothschild mais notre volonté n’était pas d’imposer notre rythme mais vraiment d’être observateurs et conservateurs pour aborder le Cap Finisterre avec un bateau à 100 % de son potentiel », détaillait Cyril Dardashti, le directeur général de l’écurie aux cinq flèches, avant de saluer la maîtrise des premiers milles de ses skippers : « Franck et Charles ont parfaitement géré leur début de course en étant prudents mais pourtant bien dans le match avec la tête de course. Ils ont dû négocier des conditions très musclées que nous n’avions pas encore connues sur le Maxi et il fallait trouver le bon dosage, ce qu’ils ont fait. Désormais, la régate va pouvoir s’installer et c’est pour cela que l’équipe travaille toute l’année. »

     

     

    En effet, les premiers mots du bord de notre mediaman, Yann Riou, pourtant rompu à la dureté océanique, témoignent d’un début de course engagé : « Ça faisait un moment que je n’avais pas vu de conditions de mer comme celles-là. La dernière fois, je pense que c’était par 50° Sud pendant la Volvo Ocean Race. Aujourd’hui, j’ai eu la sensation inhabituelle sur ce bateau de me sentir tout petit. » 

    Intérieur DST

    C’est un schéma relativement classique qui s’est déroulé hier en début de nuit à l’approche de la péninsule ibérique. Les voiliers de course doivent respecter un DST, dispositif de séparation de trafic, au niveau du Cap Finisterre. Le questionnement est alors toujours le même : passer à l’intérieur ou à l’extérieur de ce dernier, chaque option comportant bien sûr ses avantages et ses inconvénients. Sur ce premier point de passage, la flotte des Ultim a été partagée de façon totalement égalitaire, puisque le Maxi Edmond de Rothschild et Actual Leader choisissaient la proximité des côtés de la Galice tandis que Macif et Sodebo Ultim privilégiaient le large.

    Une divergence de point de vue que nous expliquait Yann Riou, joint ce matin : « Hier soir on a fait le choix de passer à l’intérieur du DST de Finisterre. Choix conservateur qui nous permettait de garder un cap plus abattu dans le golfe de Gascogne. On a donc rasé les côtes galiciennes ! On a vu des phares, des bateaux et on a même eu le droit à un peu de 4G. Pour accompagner tout ça, je me suis fait quelques tranches de jambon local. C’est aussi à ce moment-là que la mer et le vent se sont franchement calmés, et que l’on a pu s’alimenter plus normalement. La nuit a quand même été tonique avec quelques manœuvres, des moyennes élevées et une visibilité pas toujours au top. »

    Le Pot-au-Noir déjà dans les esprits

    La vie se déroule en accéléré quand on progresse à plus de 30 nœuds de moyenne ! Brest hier à 11h, la latitude de Lisbonne ce matin au premier jour de course et déjà les esprits scrutent l’entrée dans le Pot-au-Noir, qui devrait intervenir en début de week-end. « L’objectif de la journée est d’aller chercher une bascule dans l’anticyclone des Açores et en faisant cela nous devons traverser une dorsale qui s’étend dans l’axe du détroit de Gibraltar. Cette dorsale n’est pas très active donc il y aura toujours du vent dedans et pas de ralentissement significatif à attendre. À bord, c’est une grosse journée car le vent va tourner tout en mollissant et il faudra adopter la bonne configuration de voiles. Nous affinons actuellement notre point d’empannage et il est important car c’est lui qui déterminera notre point d’entrée dans le Pot-au-Noir en fin de semaine », analysait Marcel Van Triest, le routeur du bord.

     

    Si les 24 premières heures de course qui se sont déroulées dans une ambiance tonique et humide, « casque lourd » pour reprendre l’expression de notre routeur météo, ont été peu propices à la compétition, la régate reprend peu à peu ses droits comme le soulignait le mediaman du bord : « Ce matin au changement de quart, Franck et Charles montraient une certaine satisfaction de se trouver « déjà » à la latitude de Lisbonne – ou presque.
    Pour Franck, « après une entame de course prudente dans des conditions extrêmes, on entre petit à petit dans un mode régate. »
     

    Yann… Martin, Jérémie et Ronan !

    Ils sont douze hommes engagés sur la Brest Atlantiques ; huit navigateurs et quatre mediamen. Cette spécificité d’un reporter embarqué à bord de chaque Ultim, qui s’inspire de la Volvo Ocean Race, était une volonté de certaines équipes et une demande faite aux organisateurs dans l’élaboration de cette nouvelle course. Après seulement quelques heures de mer et des images incroyables envoyées des Maxis, ce choix montre toute sa pertinence. Durant trente jours, ces marins pas comme les autres – car rappelons qu’ils ne peuvent en rien aider les skippers à la performance du navire – seront les témoins privilégiés d’une « intimité » et d’un quotidien bien souvent méconnus.

    => VIDEO DU BORD : Les premières heures de course par Yann Riou

     

    Classement du mercredi 6 novembre 12h 

    1.MACIF (François Gabart / Gwenolé Gahinet / Jérémie Eloi) – distance au but : 12 989,28 milles  – vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 28,6 nœuds

    2. MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD (Franck Cammas / Charles Caudrelier / Yann Riou) – 18,81 milles du leader – vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 34,8 nœuds

    3. SODEBO ULTIM 3 (Thomas Coville / Jean-Luc Nelias / Martin Keruzoré) – 56,54 milles du leader – vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 29,9 nœuds

    4. ACTUAL LEADER (Yves Le Blevec / Alex Pella / Ronan Gladu) – 177,42 milles du leader – vitesse moyenne sur les dernières 30 min : 25,8 nœuds

     

    => PHOTOS // Une sélection des meilleures photos du départ par Yvan Zedda à retrouver sur notre site